Feeder à longue distance : caractéristiques des cannes et technique de lancer (version 2022)

Je crois que certains pêcheurs se mettent parfois des limites et ne voient pas l'utilité de savoir pêcher à 60 mètres et bien plus. J'ai pas mal d'anecdotes de ceux-là s'interrogeant, voire raillant les feederistes qui "prétendent" lancer à plus de 70 mètres. A quoi ça sert ? On ne prend pas plus là-bas. Personne ne pêche si loin. C'est impossible avec une canne feeder, ... On se vanterait, on se ferait mousser. En fait, lancer très loin, c'est possible, mais pas n'importe comment. C'est de plus très utile à de nombreux endroits et à certains moments. Enfin, en plus d'être amusant, ne pas se fixer de limites permet d'affiner votre technique de lancer (puissance, précision), de ferrage et votre concentration. Autrement dit, savoir pêcher loin améliore franchement votre pêche à courte distance. Ceux qui veulent faire cet effort apprécieront la suite !

Article mis à jour en octobre 2022 car les choses ont un peu changé ! Je mettrai l'ancien texte en italique barré pour le souvenir et la comparaison.

 

J'ai commencé à pêcher loin avec mon ancien matériel : des cannes heavy, plutôt dures, et des moulinets 4000-5000. La sensibilité n'était pas au top, les cannes manquaient de progressivité. J'ai vite été faire mes courses et j'ai ramené une canne de 3,90m à action plus progressive. C'était mieux, je pouvais pêcher à environ 70m sans trop de soucis. C'était il y a longtemps. Entre temps, je me suis mis à la pêche en mer et j'ai découvert le surfcasting, la discipline reine en matière de lancer. C'est là que tout a vraiment commencé pour moi : j'ai appris à utiliser correctement les arrachés, à faire les bons nœuds et à utiliser ma force en apprenant des techniques de lancer comme le Brighton cast ou le Sud-Africain. Le surfcasting a été fondateur pour moi quant aux longues distances (pêcher à 140 mètres n'est pas exceptionnel !). Ma passion pour la mer m'a tenu éloigné de la rivière pendant 3 ou 4 ans et c'est le barbeau qui m'a remis les pieds en eaux douces. Puis j'en suis arrivé à m'inscrire dans le nouveau club feeder de ma région et, depuis fin 2021, j'ai quitté ma région pour m'inscrire au Goudvisje de Diest, équipe feeder forte de 4 pêcheurs internationaux, présents ou passé, dont moi ! Bref, après ce court historique, vous aurez compris qu'aucune expérience n'est mauvaise. La pêche en eau douce a fait de moi un meilleur pêcheur en mer et cette dernière m'a rendu meilleur feederiste et specimen hunter !
Alors, que faire pour se préparer à aller loin, très loin ?
 
Tout d'abord, pêcher à longue distance, c'est loin comment ? Je pense qu'on peut séparer la distance en 3 ou 4 zones :
  1. Courte distance, soit de 0 à 25 mètres : c'est la zone la plus facile à atteindre, où la précision est la plus facile à acquérir. Même du matériel d'entrée de gamme permet de bien pêcher cette distance
  2. Moyenne distance, soit de 26 à 45 mètres : à peine plus difficile à atteindre, elle est souvent la limite du pêcheur, soit à cause de sa technique, soit à cause d'un matériel très inadapté
  3. Longue distance, soit de 46 à 75 mètres : la précision commence vraiment à être un problème et le matériel doit s'adapter. Pour la compétition, c'est le minimum requis, vu la fréquence à laquelle on doit aller à 60m et plus pour aller chercher les brèmes
  4. Le quatrième mousquetaire est la très longue distance, soit de 76 à bien plus de 100 mètres : le matériel est spécifique, la technique et la précision doivent être parfaites pour y être efficaces
S'il est inutile de casser votre tirelire en dessous de 45 mètres, vous devrez un peu investir (juste un peu) pour aller au delà. Mon meilleur conseil est de ne pas essayer de sauter les étapes, ce ne serait pas vous rendre service. Développez votre pêche à moins de 45 mètres, perfectionnez et/ou corrigez votre gestuelle, puis passez aux choses vraiment sérieuses. De même, n'essayez pas d'atteindre l'horizon avec du matériel trop peu puissant ou trop dur : vous risquerez soit de l'endommager, soit de passer une mauvaise journée. Comme on ne roule pas en F1 avec une GT, au feeder à longue distance, on choisit bien sa monture, ça tombe sous le sens. Ceci dit, la très belle progression des cannes ces 10 dernières années a rendu le choix bien plus facile qu'avant.

Le matériel

Commençons par le plus simple. Pour pêcher loin, il faut une canne qui le peut et un moulinet de bonne taille. L'investissement est plus important qu'à courte distance, vu la technicité croissante exigée par les conditions de pêche.

Les cannes

Quand j'ai écrit la première mouture de cet article en 2016, les cannes étaient loin d'atteindre le niveau actuel et, quand c'était le cas, votre portefeuille en prenait un grand coup. Actuellement, sous la pression de la compétition et l’émergence d'une génération de pêcheurs plus techniques, l'action des cannes a bien changé, la manière d'utiliser le carbone aussi ! Alors que je vous conseillais des cannes de minimum 3.9 m, le marché actuel a accouché de petites merveilles d'équilibre, de puissance et de légèreté, comme la Shimano Aero X5 3.6m, dont je parle dans un autre article. Dans de bonnes mains, avec la bonne ligne et le bon feeder, elle est capable de pêcher à 70m, voire un peu plus loin. Elle est légère, rapide et maniable, bien loin des obusiers du passé, cannes longues et parfois lourdes. Des fabricants, comme CRESTA, indiquent même les distances que leurs cannes peuvent atteindre et dépasser avec un bon lanceur.


Alors quoi !? Cette action ?

Eh bien, il y a quelques caractéristiques nécessaires pour aller loin, précisément, et ne pas décrocher les poissons :

  1. La canne doit avoir un talon et son prolongement bien rigides, mais pas bêtement durs : cela évitera à la canne de se dandiner lors du lancer et de la récupération (sorte d'occilation autour du centre de l'action) et assurera donc la puissance et la précision nécessaires pour atteindre de belles distances. Je le répète, une canne puissante mais trop progressive ne conviendra pas à cet exercice
  2. La canne doit avoir une pointe progressive pour bien détecter les touches et travailler le poisson en douceur. Les bouts de bois super raides ne conviennent donc pas non plus
  3. Les anneaux doivent être bien répartis et larges, surtout près du moulinet, ainsi que proches du blank de la canne dans la partie supérieure pour éviter les torsions de ce dernier (j'en parlerai dans un article spécial "montage des cannes feeder")
  4. La poignée devra être adaptée autant que faire se peut à vos bras, afin de ne pas gêner le mouvement tout en garantissant un maximum de puissance. 60 à 70cm en distance cul de la canne/pied du moulinet semblent être un bon compromis

Des exemples de cannes très bien conçues : Shimano Aero X5 et X7, Cresta Blackthorne Pro-N Medium et Heavy, etc

Le choix du scion

Pêcher plus loin implique que votre bannière soit plus longue et prenne plus dans le vent et le courant. Pensez donc à utiliser des scions un peu plus forts de 0.5 à 1oz par rapport au choix que vous auriez fait en deçà de 30-40 mètres


[ANCIEN TEXTE début]Soyons très clairs, une bonne canne longue distance n'est pas un manche de brosse. C'est plutôt une canne élastique, de minimum 3.9 mètres, possédant une poignée de 60 à 70cm (distance entre le milieu du porte-moulinet et l'extrémité du talon). Elle doit plier au lancer (action de pointe progressive à progressive) et encaisser les coups de nez des poissons, afin d'éviter qu'ils se décrochent lors de la longue récupération. Rien à voir avec une canne rivière, plus dure, plus brutale et qui est munie d'une poignée plus courte, pour une question de maniabilité
Je préfère les cannes possédant de nombreux scions et que ces derniers soient longs, pour que l'action soit plus progressive et que l'adaptation aux conditions soit meilleure. Ma première canne longue distance était une Arca avec un blank en iM8. Franchement pas mal, je l'ai encore utilisée il y a peu, avant que je ne découvre sa remplaçante, une MS Range Prime 390 ! Pour information, MS Range est une marque allemande et MS sont les initiales de Michael Schlögl, un des plus grands pêcheurs au feeder des dernières années. Toutes ses cannes sont développées, pensées et testées en Europe (Allemagne, Autriche, Hollande et ... Belgique !).

La Prime 435 mise à l'épreuve sur de belles brèmes
En 2013, ma première Allemande fut la Prime 435, une bombe capable de balancer 100g + à plus de 100 mètres, tout en restant sensible et polyvalente, avec ses 5 scions !! Elle reste ma plus puissante canne, mais son action douce la rend agréable, même sur du petit poisson. Avec elle, j'ai fait des pêches de petits gardons à 80 mètres, comme des bourriches de grosses brèmes dans le courant !
Mes cannes 2 et 3 sont également des MS Range : j'utilise la Multi 365-415 pour des poids jusqu'à 80g pour aller loin (Son test est ici) et la remarquable Multi 330-390, aussi à l'aise avec 60g pour la distance que sur les carpes au method en 330. 
Toutes ces cannes sont fournies avec 5 scions, ce qui leur permet également d'être mes références dans le courant de la Meuse et des autres rivières.
La Multi 365-415

Ma canne 4 est la Prime 390, une canne parfaite pour aller jusqu'à 70 mètres, très sensibles, progressive et idéale pour les pêches durant lesquelles vous alternerez gros et petits poissons (comme en Meuse à Coronmeuse, où il n'est pas rare de prendre des brèmes de plus de 4kg, puis des gardons de 100 grammes). [ANCIEN TEXTE fin]

  

 

Le moulinet


Ici en particulier, l'heure n'est pas à la miniaturisation. Utiliser un moulinet trop petit et pas assez puissant est une grosse erreur. Un moulinet longue distance doit répondre à quelques critères précis : 
  • Bobine large : rien ne bat les Big Pit et leurs bobines longues et coniques
  • Bobinage et remplissage parfaits (Slow Occilation, AeroWrap II, ...) pour limiter les frottements au lancer (voir plus bas)
  • Récupération rapide, mais couple important : elle doit être au grand minimum de 80cm, tout en conservant de la puissance pour ne pas que le pêcheur se fatigue à la récupération
  • Line clip rond en métal (1 ou, mieux, 2) : pour éviter d'abimer la ligne

Si mon choix se porte toujours maintenant (ndlr : 2022) sur les Shimano Ultegra 4500 Ci4, j'ai depuis cette année (ndlr ; 2016) les MS Range Prime 4500 NG, super doux et possédant 2 line-clips ronds et métalliques. Ils sont moyennement imposants, restent assez légers (500gr) et regorgent de puissance. Enfin, leur prix est ultra compétitif (+/-110€ avec une bobine supplémentaire). 

Ceci étant dit, ces dernières années, Daiwa est devenu le spécialiste incontesté en matière de bons moulinets feeder : le Feeder 4012 TD est une merveille de fonctionnement et de polyvalence et le Castizm 25A est le mini big-pit qu'il vous faut pour la longue distance et les travaux lourds. Tout ceci est doux, fiable et pas affreusement cher !
 

Le choix du feeder

Petite note de 2022 : en lisant ce que j'ai écrit en 2016, je constate avec amusement que la pêche au feeder et moi-même avons fort changé... en bien ! Sans blague, c'est le jour et la nuit : mes cuisses sont superbes depuis que j'ai recommencé le vélo... euh, c'est pas le sujet ?! OK, revenons au feeder :

Comme je le disais très à propos en 2016, tous les feeders ne sont pas égaux devant la distance et je vous conseille très vivement de vous équiper spécifiquement. Un bon feeder pour aller loin doit être stable en plein vol et aussi aérodynamique que possible. 

Un détail qui compte aussi est d'utiliser une amorce plus collante que d'habitude, afin de tenir à l'impact avec l'eau, surtout si vous avez mis beaucoup d'esches dans le feeder !

Comme en 2016, mon choix s'est porté sur 3 modèles de feeders :

  1. Le Preston Bullet Feeder :très bon lanceur, ce feeder permet de créer beaucoup d'appel tout en variant bien les contenus grâce à ses 4 tailles


  2. Le Preston Hexmesh Plastic Bullet Feeder :aussi bon lanceur que son frère en métal, le Hewmesh permet d'amener plus d'esches sur le fond en limitant la dispersion


  3. Le Guru Window Feeder : le must absolu en matière de distance, le Window feeder est l'outil le plus efficace pour amener de grandes quantités d'esches au fond, et ce sans les disperser

Je varie ma pêche autour de ces 3 types de feeder en les alternant selon l'humeur du poisson et les conditions.

 

 

[ANCIEN TEXTE début] Ce point est crucial, car, dans les airs, tous les feeders ne sont égaux, loin de là. Bannissez tous les feeders à plombs latéraux, qui de par leur conception manquent de précision. J'utilise actuellement 3 types de feeders :

  1. MS Range Open End Feeder : le nom est un peu trompeur, mais ce feeder possède un lest circulaire à sa base, lui permettant de garder la trajectoire une fois en vol. N'hésitez pas à recouvrir sa cage d'une bande en caoutchouc (chambre à air de vélo pour pneus de 2.1", pas moins) ou de scotch noir pour, premièrement, diminuer la sortie de l'amorce à l'impact et, deuxièmement, diminuer sa traînée dans l'eau quand vous le ramenez. Il aura tendance à remonter à la surface et vous pourrez mouliner à toute vitesse. Cela fait gagner du temps et diminue le vrillage du bas-de-ligne. Existe de 20 à 80 grammes


  2. MS Range Distance Feeder : Encore plus profilé, mais plus difficile à charger en amorce, je le garde pour les plans d'eau. Le conseil de la bande en caoutchouc fonctionne aussi bien qu'avec l'Open End. Existe de 20 à 80 grammes
    [ANCIEN TEXTE fin]



    Ajout 2022 : Et un feeder que j'ai gardé pour ses qualités très spéciales qui évitent de l'accrocher dans des crasses en le récupérant. Le Zppla est efficace jusqu'à environ 60m et possède depuis un moment une version plus ouverte, bien utile quand il faut augmenter l'appel !


  3. NuFish Zippla : ce feeder profilé est d'une qualité exceptionnelle. Dessiné pour aller loin et voler droit, le Zippla fend l'air avec brio. Disponible en 2 tailles, il ne dépasse malheureusement pas 50 grammes. Il remonte à la surface quand vous le ramenez. Son seul défaut est de ne pas distribuer l'amorce si facilement à cause d'un épaulement interne. Une vraie avancée technologique qui a un prix élevé : ps de 2.50€/pièce !
Remarque : les plus petits poids de ces feeders sont hyper utiles pour pêcher avec une précision maximale à courte et moyenne distance.
Remarque 2 : on peut également aller loin avec les method feeders ! Les Guru Hybrid et les MS Micro Pellet volent particulièrement bien et permettent d'attendre un peu plus de 70 mètres. 


Montage, tresse et arraché pour aller loin

Vous le savez, je ne suis pas un garçon compliqué et mes montages non plus. Ceci étant dit, simplicité ne veut en aucun cas dire rusticité, voire grossièreté. Tous les détails comptent et c'est le prix à payer pour éviter les emmêlements.
 
En tout premier lieu, votre matériel doit être bien préparé : les moulinet remplis au maximum avec de la tresse bobinée très serrée, des cannes bien choisies, etc. Ce sont des paramètres qui influencent grandement les performances. Les frottements doivent être diminués au maximum. Cela passe par quelques choix :
  1. En corps de ligne en tresse de 8 ou 10/100 :
  2. Un arraché de 2 fois la longueur de la canne en 28 à 32/100 : 
  3. Un montage aérodynamique et aussi anti-emmêlement que possible :
    Montage coulissant

     
    Agraphe terminale Cresta et potence maison



Hameçons et bas de ligne

Ramener du poisson de très loin augmente le risque de décrochage. il est mieux d'opter pour des modèles à fer plus fort, tels les Drennan Carbon Feeder au les Gamakatsu 2210. Ne les choisissez pas trop petits non plus : les 16 me semblent être la taille minimale. Dans le même ordre d'idée, le bas de ligne n'a pas intérêt à être trop fin (minimum 14/100), afin éviter le vrillage.
 

Eschage

Un truc universel pour vriller le nylon est d'utiliser 2 gros asticots. Ils font hélice. Pour éviter ce désagrément, il suffit pourtant de les piquer tête bêche (un asticot est esché par sa partie la plus charnue et l'autre par la plus fine). C'est fou ce que ça fonctionne bien. En fait, cela les fait se coller l'un à l'autre.
Faites de même avec les autres esches, comme le caster : le premier est enfilé sur la hampe de l'hameçon et le second est piqué bien droit, de telle sorte qu'il soit parallèle au premier.
Pour le reste, c'est toujours le poisson (parfois dans les limites du règlement du concours) qui décide de ce qu'il faut escher. Retenir ça, c'est déjà bien pêcher !
 
 

Lancer loin

Moins une affaire de force que de technique, lancer loin demande de l’entraînement, beaucoup d’entraînement. Vous allez devoir vous battre contre quelques problèmes pratiques : 

La précision latérale

Quand vous manquez la cible de 100cm à 20 mètres, c'est que vous ne lancez déjà pas si mal. Mais imaginez ce type de précision à 80 mètres : vous êtes à 4 mètres de la cible !! C'est énorme !! J'ai 2 conseils
  1. Le premier est de prendre un point de repère bien visible sur la berge d'en face, un point de repère fixe, bien entendu ! Une vache ou une oie se voient parfaitement, mais ont des pattes, voire des ailes, et, donc, se déplacent. Elles peuvent dormir, mais cet état ne dure pas. 
  2. Le second conseil est de ne pas regarder votre feeder en lançant, mais bien là où vous voulez lancer. Plus exactement, vous viserez 10-15 mètres au-dessus de ce point pour être certains que votre feeder partira avec un angle de 40-45 degrés. Si vous regardez trop bas, vous aurez tendance à faire des lancers tendus, qui manqueront de distance.


Le vent

Tous les vents ne sont pas des adversaires, mais il vous faudra toujours jouer avec eux :
  1. Le vent latéral est clairement gênant pour votre précision. En lançant plus ou moins contre lui, vous pourrez compensez la déviation. Cette technique est empirique, mais c'est la seul que nous ayons. Le vent latéral exige de faire des lancers tendus, donc assez bas, afin de diminuer la pression du vent sur la bannière et de maintenir tant la distance que la précision
  2. Le vent de dos : parfait pour aller loin, il risque néanmoins de perturber la trajectoire
  3. Le vent de face : cela arrive et c'est un adversaire de taille. Un lancer puissant et tendu est la solution. Mon conseil est de néanmoins toujours garder du jus en début de pêche et de ne pas directement vouloir aller au maximum de vos possibilités. Si le vent augmentait, dans ce cas, vous ne pourriez plus atteindre votre coup. Restez humbles et raisonnables, il sera toujours temps après de rallonger la pêche.

Contre le vent, les 2 solutions efficaces sont, comme je l'ai déjà dit :
  1. D'éviter de lancer trop haut. Le mieux est de tendre vos lancers et d'éviter de faire faire à votre feeder une belle parabole, synonyme de bannière prise dans le vent, de perte de distance et de précision.
  2. De suivre mon 2e conseil (Pour paraphraser le Maréchal Bernard Montgomery : "ce sont de bons conseils, puisque ce sont les miens", hum, hum) qui est de pêcher un peu plus lourd, car le poids présente plus d'inertie et un feeder de 50 grammes dévie moins qu'un de 30 ou 40 et tend mieux la bannière en tirant plus fort dessus

La gestuelle du lancer

C'est le nœud de la problématique : si vous avez parfaitement préparé votre matériel, mais que vous ne savez pas lancer correctement, c'est peine perdue. Alors, disons-le directement, lancer loin n'est pas qu'une affaire de force et ce n'est vraiment pas parce que votre canne siffle au lancer que vous allez propulser votre feeder à l'horizon, tout du contraire ! Vous allez devoir utiliser le nerf de votre canne et pas la brutaliser inutilement en fouettant sèchement (ce qui provoque ledit sifflement).

Position des mains
Pour les droitiers, la main droite tient la canne au niveau du moulinet, la gauche tient l'extrémité de la poignée pour augmenter le bras de levier. 
Les gauchers inversent la position des mains.
  1. Je démarre canne devant moi et je vérifie que mon nylon n'est pas enroulé sur le scion (afin d'éviter de casser ce dernier ... ce qui est, 99 fois sur 100, la faute du pêcheur, pas celle du scion. Casser des scions est la conséquence d'un manque de technique de lancer !)
  2. Je ramène ma ligne en arrière en gardant mes bras bien tendus. Mes yeux accompagnent le feeder jusqu'au-dessus de ma tête, pas plus loin
  3. Quand mon bras droit arrive à la verticale, bien au-dessus de la tête, j'arrête le mouvement vers l'arrière, ce qui comprime la canne quand le feeder arrive sous tension. Ma tête regarde déjà dans l'axe du lancer
  4. Dès cette compression atteinte, je commence le lancer, sans mettre toute ma force dans le mouvement directement. Les bras restent droits et tirent la canne vers l'avant, autour de l'axe des épaules. Le regard fixe la direction à atteindre et les épaules font face à l'objectif
  5. Accélérez le mouvement progressivement
  6. Dès que votre main gauche arrive à hauteur de votre cou, finissez le mouvement par un très vigoureux pousser-tirer qui termine de compresser la canne et donne la force au lancer. Poussez avec votre main droite en même temps que vous tirez très fort et vite avec votre main gauche, c'est fondamental. Le lâcher du nylon intervient au point culminant de la pression et doit permettre au feeder de filer à 40 degrés. A la fin du mouvement, le scion pointe à environ 40 degrés, voire un peu plus bas
Quelques conseils :
  • Tout en gardant les épaules bien parallèles à l'objectif, accompagnez légèrement le mouvement vers l'arrière de la canne avec votre buste, ensuite, c'est lui qui initiera le lancer et lui donnera de la force
  • Gardez votre buste bien droit en fin de mouvement
  • Vos mains doivent être hautes au départ du lancer. Si vous commencez le mouvement bas, vous n'aurez aucune puissance
  • Sentez la compression de la canne. On dirait qu'elle devient plus lourde quand le feeder arrive en tension vers l'arrière. Ne débutez pas le lancer avant que le feeder n'ait atteint ce point maximum de pression, sinon la canne sifflera et vous n'atteindrez pas de bonnes distances
  • Commencez par des mouvements lents pour bien décomposer et sentir la manœuvre. N'accélérez que lorsque vous vous sentirez à l'aise avec la vitesse précédente
  • Entrainez-vous avec les feeders un peu plus lourds pour mieux sentir la compression
  • Plus la vitesse pour ramener le feeder et la canne en arrière est rapide, plus la compression sera forte et plus le moment pour démarrer le lancer sera court. Le timing devra être parfait !
  • La main gauche, qui tire sur la poignée de la canne, doit toujours arriver au même endroit, sous peine de ne pas respecter l'axe de lancer
  • Si votre feeder monte trop haut, c'est que vous avez lâché la ligne trop tôt et s'il a une trajectoire trop rasante et droite, c'est que vous avez libéré la ligne trop tard
  • Un bon lancer n'est pas fatiguant
Et la force dans tout ça ? C'est elle qui vous permettra d'atteindre les très longues distances, à plus de 90 mètres, mais seulement avec une bonne technique. Elle est la cerise sur le gâteau, la fleur sur le chapeau de celui ou de celle qui en a.

Des plantes derrière vous dans lesquelles vous accrochez ? 
Un accessoire très utile est un tapis de PVC de minimum 150x150cm. Vous le déposerez sur les plantes. Sa surface lisse ne présentera pas de prise pour l'hameçon et vous pourrez amener votre canne aussi loin que possible en arrière pour une puissance optimale. Mon choix est le Sniper Mat de MS Range. Un petit truc est d'ajouter des œillets aux 4 coins de ce dernier pour le fixer au sol avec des piques ou des cordes. Quand la place est libre, vous pourrez aussi le détourner de son but premier en protégeant votre matériel de la pluie.


Régler sa distance de pêche

Pêcher loin, c'est pêcher précis. Pour ce faire, j'utilise 2 piques espacées de quelques mètres, autour desquelles j'enroule le fil du moulinet. En comptant les longueurs, on peut déterminer la distance de pêche choisie et l'appliquer aux autres cannes utilisées. Dès qu'on arrive à la même distance que la première canne, il suffit de bloquer la ligne dans le line-clip du moulinet.

Position de la canne

Je fais pointer le scion de la canne dans la direction vers où souffle le vent, et ce pour diminuer les mouvements parasites dus aux rafales. De même, je m'efforce de m'approcher d'un angle de 90° entre la bannière et le scion. Tout ceci a pour but d'améliorer la détection des touches. La canne positionnée de mi-hauteur à haute me facilite le ferrage, car, à ces distances, ferrer pour rien est assez râlant. Concernant le ferrage, le plus important est de choisir la position qui vous convient le mieux ! Sur la photo ci-contre, vous pouvez remarquer que ma canne est basse, comme quoi, tout est une affaire de conditions météo et de lieu pêché (courant, profondeur).
 
 
 
 
 
 

Conclusion

Vous l'aurez compris, le feeder à longue distance est une technique exigeante, tant du côté matériel, que de la technique du pêcheur. Le maîtriser est une sensation très gratifiante qui aura des conséquences bénéfiques sur toute votre pêche. Alors, courage, prenez du plaisir à vous dépasser et bonne pêche à toutes et tous !

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